Aperçu sur le toujours pertinent Outils froids, blueKiwi qui “organise autour d’un portail fédérateur unique, un réseau intelligent de blogs personnels” :
blueKiwi dote chaque individu (ou groupe d’individus) d’un bloc notes qu’il peut utiliser à titre personnel ou ouvrir à l’ensemble des acteurs de l’entreprise. Ce bloc notes permet de structurer simplement sa pensée, la fixer et ainsi formaliser petit à petit des éléments de savoir. En complément, blueKiwi dote l’entreprise d’un portail valorisant l’ensemble du contenu des différentes blocs notes.
Cette plateforme se veut “une alternative managériale aux solutions complexes de gestion et de stimulation de l’intelligence collective”.
C’est très bien dit. Mais il est dommage qu’on ne puisse faire l’essai d’en créer un afin de pouvoir jouer avec. Je me demande si c’est ça la différence entre l’open-marketing le mouse-trap marketing à la Flickr-Delicious qui avec son côté pusher laisse venir l’utilisateur jouer avec ses services gratuitement aisément, et le marketing-propriétaire qui met un frein à l’entrée, et que forcément moins de gens utilisent en bout de ligne.
Mais, de l’autre côté, la “vraie” question du dirigeant, c’est de se demander à quoi sert tout ça, n’est-ce pas un peu gadget tout ça? N’y a-t-il pas déjà assez de logiciels dans l’entreprise et de structures d’information ? A-t-on vraiment besoin d’ajouter une autre couche qui va être encore plus informe, moins structurée (en apparence du moins, pensons à tous les dossiers et classeurs autour des bureaux de travail), et sur laquelle surtout le dirigeant aura encore moins de contrôle ?
On peut regarder l’enjeu d’un oeil autre : il y a des gens dans l’entreprise qui ont besoin de structure plus que d’autres, que ces structures soient managériales ou logicielles. Or, ces gens ont des besoins en information très basiques, ils ne veulent pas ou n’ont pas le temps ni le goût de réfléchir aux questions de gestion de cette information; ils la veulent pré-mâchée, déjà massée, prête à l’emploi. Ils se sacrent bien que l’intranet soit en Ajax, que l’information soit taggée ou non, que l’intranet ait l’air d’une arborescence windows ou qu’on y trouve des blogues, des wikis ou whatever. Tant qu’ils trouvent rapidement ce dont il ont besoin, c’est ce qui compte. Que la mise à jour de cette information soit aisée ou non, s’ils n’ont pas à la mettre eux-mêmes à jour et qu’ils ne souffrent pas de l’absence de mise à jour de cette information, ce n’est pas leur problème.
Et il y a d’autres individus dans l’organisation qui ont besoin de structures plus lâches, moins “contrôlées”, plus fluides, plus organiques, ce qui n’exclut pas la pertinence de l’information qui s’y retrouve (ou même de la non-pertinence, mais c’est une autre question). Mettre en place de telles structures devient pour les directions TI un casse-tête car on ne veut pas nécessairement devoir supporter des logiciels qui ne font pas partie du “trousseau officiel” de l’entreprise.
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